Cizia Zyke


Interview 2005
16 avril 2010, 1 h 25 min
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Stef Paris : Qu’est ce qui vous à amené a vivre une vie hors norme, de marginale ? Cizia Zyke : J’ai toujours su que la vie telle que la proposait notre société n’était pas faite pour moi…Je me suis rendue compte très jeune que j’étais un jouisseur. Puis je ne tenais pas en place. Dés l’age de 13 ans, il m’arrivait régulièrement de m’absenter plus d’un mois de la maison. Alors, pour ne pas causer trop de soucis a ma mère, j’ai décidé de quitté la France. J’avais 17 ans. Ce fut pour moi le début de la grande aventure…

S.P : À aucun moment vous n’avez été tenté de « rentrer dans le rang » ?

C.Z : Le seul rang dans lequel je suis rentré c’est celui de la légion étrangère. Mais je n’y suis resté que 3 mois, avant que mon contingent ne soit dissous : ils y avaient trop d’allumés dans mon genre ! Pour le reste, cette idée ne m’a jamais effleurée l’esprit.

S.P : Apres votre trilogie autobiographique vous publiez « fièvres ». Peut on considérer se livre comme un ouvrage de transition entre l’aventure vécue et le romans ?

C.Z : Tout a fait. J’ai écris « fièvres » en grande partie pour rendre hommage a un ami a moi, qui était chasseur d’éléphant en Afrique. Comme pour la série « Tuan charlie », je m’y inspire d’événements que j’ai vécue. Je laisse aux lecteurs le soin d’imaginer la part de fiction et de réalité…

S.P : Entre 1987 et 1989 on vous retrouve tantôt en Indonésie, à Bornéo, au Triangle d’or, tantôt en Australie. Durant cette période vous publiez « Tuan Charlie ». L’Australie, rencontre avec les aborigènes et leur culture, rencontre avec le racisme aussi…

C.Z : Quand on est un grand voyageur comme moi, un citoyen du monde, on ne peut pas comprendre ou accepter le racisme. Quel que soit sa couleur, un homme reste un homme. Cela m’aura d’ailleurs valu quelques soucis avec le gouvernement d’Australie, j’ai frisé l’incident diplomatique. Mais a la finalité, la vérité a triomphée d’elle-même et j’ai été blanchi, lavé de toutes accusations.

S.P : L’Australie ou vous avez de nouveau exploité l’or :

C.Z : Oui, mais cette fois dans des conditions climatique et un mode d’extraction différent de ma mine du Costa Rica… Puis surtout moins aurifère, donc moins intéressant financièrement parlant. Cela m’aura quand même permis de passer de bons moments au casino (rires) !

S.P : Est-ce que se sont les rencontres que vous faites lors de vos aventures qui nourrissent vos personnages ?

C.Z : Cela ne fait aucun doute. D’ailleurs, je pense que tous les écrivains s’inspirent de la réalité pour créer leurs personnages. Lors d’un de mes voyages aux Pays-Bas, j’ai délaissé le confort de mon hôtel, pour passer une semaine avec des junky’s qui vivaient sous un pont du quartier rouge. J’ai vécue leur misère, leur course effrénée a la défonce, leur folie. De cette rencontre est né Amsterdam Zombie…

S.P : Dans vos romans, vos personnages sont souvent violents, cruels, cyniques. Toujours rongés par la folie. Pensez vous que se soit le juste reflet de vos contemporains ?
C.Z : Il n’y a aucun doute la dessus. Même si j’ai souvent fréquenté des milieux marginaux, ou la folie et la cruauté peuvent vous sauver la vie ; force est de constater que le confort de nos sociétés engendre aussi des psychotiques, pour ne pas dire des psychopathes. Il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte que chacun entretien une petite névrose. Ce n’est pas pour rien si la consommation d’anti-dépresseur et autre anxiolytique ne s’est jamais aussi bien portée dans notre pays. Tous ces gens sont des drogués en puissance, et ils ne s’en rendent pas compte…

S.P : Vous avez été vous même un gros consommateur de stupéfiant ?

C.Z : C’est vrai, et je ne m’en cache pas. Seulement, quand j’ai consommé de la cocaïne, de l’héroïne ou de l’opium, c’était uniquement dans un but festif. Je n’ai jamais fait l’apologie des drogues et je ne ferais jamais de prosélytisme pour toutes ces substances. Moi, j’ai cette force qui me permet de ne jamais m’accrocher à un produit. Car il faut vraiment être fort psychologiquement pour ne pas laisser la dope régenter sa vie. Le problème c’est que très peu de gens peuvent en dire autant. Aujourd’hui je me contente de fumer des joints, surtout quand je suis en phase d’écriture, et cela me convient très bien…

S.P : En 1990, à la réouverture des frontières, vous serez un des premiers européens à aller en Albanie. Pourtant se n’est que dix ans après, en 2000, que vous publiez « les aigles ». Ce livre est il un roman d’investigation?

C.Z : Oui, absolument. C’est un roman du réel. La trame politique sur laquelle est basé le récit, les activités mafieuses qui y sont décrites, tel que les filières kossovar, le prix de vente des jeunes femmes … tout cela est rigoureusement authentique. Je n’essaye pas d’excuser quoi que se soit, mais sa permet de mieux comprendre se qui a pu pousser un peuple tout entier dans les derniers retranchement de l’abomination.

S.P : Comment c’est passé le retour sur la terre de vos ancêtres ?

C.Z : L’Albanie a toujours fait partie de moi, a tel point qu’en 1988, je me suis fait tatouer un aigle bicéphale dans le dos, symbole du pays .En 1990, je n’ai pus y passer qu’une semaine. Affublé d’un chauffeur et d’un traducteur qui n’étaient en fait que des espions à la solde de l’état, je n’ai pus rencontrer ma famille que de manière « furtive » : on ne m’a présenté mes cousins que quelques heures avant mon départ. J’ai du attendre 1992, quand la démocratie a réellement émergée dans le pays, pour pouvoir m’y installer. J’y suis resté trois ans. Là, j’ai pu jouir des miens. Et j’ai appris l’horreur qu’était le quotidien des albanais sous la dictature d’Hodja. Un de mes cousins a fait 12 ans de travaux forcés, juste parce qu’il s’était plaint de trop faire la queue à se qu’on appelle ici la « soupe populaire ». Quatre autres sont devenues mafieux pour pouvoir assurer la subsistance de leur famille. Durant ces trois années, je me suis beaucoup investit en Albanie. J’y ai dépensé des sommes faramineuses pour préserver le patrimoine du pays. Alors quand j’ai été accusé de trafique d’œuvre d’art, j’ai pris un sacré coup… Mais peut être était-ce leur façon de me montrer leur reconnaissance….

S.P : Y’a-t-il des traits de votre personnalité que vous pouvez attribuer a vos origines Albanaises ?
C.Z : Le sens de l’honneur et de la famille. Le respect de la parole donnée. La fierté aussi peut être…

S.P : En Albanie, vous avez produit un reportage sur le « kanoun », le code coutumier qui a régit se pays pendant des décennies. Comment vous est venue cette envie de réaliser ?

C.Z : J’y pensais depuis longtemps. Puis j’écris de manière très scénaristique. C’était donc une suite logique. Déjà, fin des années 80, lorsque j’étais au triangle d’or, j’avais l’idée de réaliser un film mettant en scène la boxe thaïlandaise. Mon scénario sous le bras, je suis partie aux USA afin de trouver des producteurs. J’y ai rencontré Menahem Golam et Yolan Globus. Mais l’affaire n’a pus aboutir. Quelques mois après est sortie le film « Blood Sport » avec Van damme : c’était mon scénario « K.O », adapté version karaté !

S.P : Qu’est ce qui a changé fondamentalement entre le Cizia chercheur d’or au Costa Rica et le Cizia d’aujourd’hui ?

C.Z : Vingts ans se sont écoulés. Malgré tout je ne me suis jamais senti en aussi bonne forme qu’aujourd’hui… Puis je me suis marié, j’ai eu des enfants qui me comblent de bonheur. Mais fondamentalement, rien n’a changé … Je crois toujours aux valeurs qui sont les miennes !

S.P : Qu’est-ce qui vous rends le plus fier aujourd’hui ?

C.Z : Ma famille, incontestablement. Littérairement parlant, je suis fier d’avoir crée un style. Avant Oro, la littérature obéissait à un schéma classique. J’ai été le premier a introduire la phrase courte: sujet, verbe, complément. Certain collèges de France utilise mes livres et je dois reconnaître que c’est assez plaisant. Puis d’autres anecdote aussi : tapez « Costa Rica » dans n’importe quel moteur de recherche sur Internet, on y parlera forcement de moi ! C’est un bon pied de nez à ces gens qui ont tout fait pour m’oublier…

S.P : Quand on a vue autant de choses et de pays que vous, est on pessimiste pour les générations a venir ?

C.Z : Non, au contraire. Je suis optimiste car les dernières dictatures du monde s’écroulent les une après les autres. La démocratie s’installe dans le monde, et je pense sincèrement que sa va continuer dans se sens ; c’est juste une question de temps.

S.P : Puisque c’est de circonstance, allez vous prendre des résolutions pour cette nouvelle année qui s’annonce ?

C.Z : Non, pas du tout. Je laisse les bonnes résolutions aux gens qui ne les tiennent jamais.

S.P : Pour conclure, vous sortez d’un rendez vous chez un éditeur. Pouvez vous nous en dire plus a se sujet ?

C.Z : Pour être honnête, je pensais quitter l’aventure éditoriale avec la trilogie « Au nom du père ». Puis mon amis Ludo m’a convaincu en me disant que j’avais commencé a écrire avec une aventure autobiographique ; et que je me devais, ainsi qu’a mes lecteurs, de finir de la même manière. La boucle serait ainsi bouclée. J’ai donc entrepris d’écrire mon dernier livre, souvenir de vingt années de baroud autour du monde. Et dans se contexte, j’ai repris contact avec des compagnons de route perdus de vue entre temps, pour savoir comment ils avaient vécue ces aventures a mes cotés. Cela a fait ressurgir des souvenirs tapis dans ma mémoire. Puis sa augure aussi de longues nuits de défonce créatrice (rires). J’ai bien sur d’autres projets, mais le secret professionnel m’interdit de vous en parler… Puis vous me connaissez, j’ai besoin de ma dose d’émotions fortes, j’ai donc quelques expéditions en préparations…

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15 avril 2010, 20 h 05 min
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Interview 1990
15 avril 2010, 20 h 01 min
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Vient de paraître chez Ramsay, le dernier roman de Cizia Zykë. Patrick Besset a rencontré l’auteur, un long entretien à bâtons rompus. « Buffet campagnard », un huis clos comme un conte cruel… résolument moderne. Au jeu du miroir aux alouettes, l’homme semble perdre sa substance pour se retrouver nu face à ses instincts. Brrr ! * Par une après-midi ensoleillée, poignée de main amicale, nos regards se croisent. Une certitude : il n’est pas l’homme qu’ont dépeint depuis cinq ans les médias… cet aventurier raciste, sans foi ni loi, ce macho esclavagiste, cette tête brûlée au succès insolent, cette bête du Gévaudan…
En fait, cheveux ras et toujours moustachu, sourire cordial, il a la voix douce d’un homme franc, d’un homme d’honneur à la force tranquille qui n’effraye que les imbéciles ou les pleutres. Un homme différent… il s’est livré en confiance, sans détour… *

* Entretien exclusif publié le 23 février 1990 dans « Le Journal de Toulouse ».

Qui est cette légende ?

Papillon ? Henri de Monfreid ? NON.
Cizia Zykë, quarante ans, est de nationalité française mais de sang albanais, rêvant d’un retour au pays. Jean-Charles pour prénom français ou Charlie pour sa famille. Les années 60 le voient jouer au football, espoir chez les Girondins de Bordeaux. À dix-sept ans, turbulent, d’une curiosité insatiable, il décide brutalement de partir. Contrebandier, convoyant du vieux matériel vers le Sahel depuis Toulouse et Bordeaux, à une époque où personne en Afrique ne guettait la caravane du Paris-Dakar puis l’Asie, les Amériques et autres cieux. Il restera vingt-deux ans à barouder, à parcourir le globe. Autant d’aventures que de puces sur un chien sans collier. Tous les quatre ans, retour en France, dans le Sud-Ouest où il a ses attaches familiales… pour souffler, pour revoir les siens.
Les années 80 le retrouvent au Costa Rica, parmi les Ticos, 357 Magnum en bandoulière, une fièvre aurifère comme prétexte… en fait, une aventure jusqu’au bout de soi. Dupé, grugé, il rentre précipitamment en France, le continent sud-américain en pendentif – en fait une grosse pépite d’or – et la haine au ventre.

Écrire pour sauver sa peau…

Il craint pour sa vie, aussi ne voit-il qu’une seule issue pour échapper aux représailles : dire, crier haut et fort ou encore écrire cette histoire. Vous connaissez la suite… « Oro », paru chez Hachette, fera un carton au box-office, verra Bernard Pivot, désarçonné devant la caméra et procurera la gloire en récompense à son auteur. Suivront aussitôt, à un rythme échevelé, d’autres livres…
Récits autobiographiques : « Sahara », « Parodie », romans de fiction avec « Fièvres, « Paranoïa ».
Tel Alan Quatermain avant-hier ou Indiana Jones un autre jour, il a voulu son quotidien différent, exaltant. Il a fait le choix d’une vie où la parole donnée vaut encore son pesant d’or. À une époque où la vieille Europe, hypocrite et travestie, ne connaît plus que la chose signée et contresignée pour se garantir des parjures, en des temps où la femmes de ménage devient une technicienne de surface, l’homme de la rue un sans domicile fixe, l’aveugle un non-voyant, le sourd un malentendant et un vieillard une personne du troisième âge… il osa être un homme libre, anachronique, libéré du joug des frontières. Un citoyen du monde pour ceux qui le comprennent, un fou mythomane pour les autres. Ainsi depuis 1985, vit-il un cycle d’aventures lié à la chose écrite. Il commence à tourner la dernière page de ce cycle d’écriture. Il a écrit dix titres au total, vendus à quatre millions d’exemplaires environ, toutes éditions confondues (librairies, club, poche) en France et à l’étranger. « Oro », traduit en vingt langues, « Sahara » en douze. EN projet : » Les lettres d’Albanie » qui sera son onzième titre…

Après l’édition, le cinéma…

Aujourd’hui ses pas le conduisent vers le scénario, la réalisation… « Oro » sera bientôt sur les écrans, « Buffet campagnard » plus tard. Cizia s’était essayé à écrire « Chaos », un scénario. Il a été approché par la filiale France de Canon Group International, la firme des deux frères Menahem et Golan Globus… Ainsi s’apprête-t-il à conquérir le septième Art. Je suis impatient de voir comment… Sceptiques ? Vous plaisantez ! Souvenez-vous des premiers pas d’un italo-américain qui ne payait pas de mine. Silvester… Il avait une volonté farouche susceptible de faire trembler l’establishment. Je fais le pari que d’ici cinq ans, Cizia…

Terrasser le dragon…

Il a pu découvrir de l’intérieur que le monde de l’édition est une jungle autrement plus inextricable et luxuriante que celles dans lesquelles il s’est frayé un chemin à coups de machette. La cheville ouvrière de cet univers est considérée comme de la valetaille par bon nombre d’éditeurs. Les écrivains ? De vraies danseuses entretenues. Homme de défi, Cizia décida de partir en guerre contre les hégémonies avec, pour point d’orgue mémorable, la volonté réitérée de remettre certaines pendules à l’heure. Il crée une collection mettant en scène Tuan Charlie… Monsieur Charlie en indonésien. Quatre titres aussitôt imprimés aussitôt vendus : « Maléfices », « Opium », « Dust » dont il est le plus fier et « Enfer ». Son bras de fer avec Gérad de Villiers fut émaillé de déclarations fulminantes, ponctué de noms d’oiseau… Si le dégoût a atteint alors son paroxysme, la colère bouillonnait encore. Il en a canalisé les tourments pour, tel le phénix qui renaît de ses cendres, les transmuter en rage créatrice… pour enfanter de « Buffet campagnard ».
Quittant les usines à best-sellers, il est venu se mettre au vert chez ramsay. Plus au calme, enfin écouté, enfin lu dans le texte.

Un conte ? Plus que ça…

Deux compères errent dans un désert aride, au bord de l’épuisement. Leur Cadillac est en panne. Ils avaient osé croire pouvoir fourguer impunément n’importe quoi aux paysans du cru, incultes donc forcément naïfs. Ils avaient pensé faire chou gras, ils firent chou blanc… les paysans n’étaient pas aussi cons qu’ils le croyaient… À l’extrême limite de leur force, ils découvrent une maison : la Casa de Sangres. Les deux loustics, césar le bonimenteur né, jouisseur concupiscent et son factotum Couicou, simple et gros, sont reçus comme les rois Mages dans cette oasis de verdure par Doña Mercedes de Sangres, sa fille Carnelle dont les rondeurs fessières et mammaires émoustillent un César truculent, ses fils Attila, géant terrifiant, Goupil le feu follet et un aïeul parkinsonien. Nos deux acolytes, installés aussitôt devant un festin de cochonnailles voient là une aubaine inespérée… faire ripailles sans bourse délier et plumer impunément ces pigeons pour repartir ensuite vers d’autres coupables affaires. Mais la Cadillac rend l’âme grâce au sabotage d’Attila, parti la dépanner… force est donc d’accepter, pour nos deux escrocs, une plus longue hospitalité, bienveillante par ailleurs. Les jours passent, César ne parvient qu’à susciter la colère de ses hôtes devant son insistance paillarde à tenter de sauter Carnelle. Cette jouvencelle, vraie souillon, mais fausse ingénue, qui a pour charge de nourrir les cochons de la ferme qui composent l’ordinaire pantagruélique, est bien plus attirée par Couicou… Au fil des jours, ce dernier, littéralement gavé, de gros devient obèse, énorme poussah. Peu à peu, les rapports se détériorent entre nos deux complices… Couicou, destinataire de toutes les mignardises, objet de folles prévenances gastronomiques, de toutes les minauderies rend jaloux un césar, peu accoutumé à être laissé pour compte. Étrangement, cela produit chez César d’amènes ressentiments. Sa méfiance va se mettre en éveil jusqu’à la paranoïa. Finaud, il trouvera à fonder ses craintes, nées de sa mise à l’écart. Jusqu’au moment où il percera à jour les intentions inavouables de cette famille. Alors, une course contre la montre s’entame. Pour but : sauver sa peau, s’enfuir, échapper à cette démence…

Un conte comme un thriller… cruel !

Cizia nous propose un roman fort, un conte au goût amer des légendes d’autrefois. Un malaise sourd va crescendo jusqu’à l’exaspération. On étouffe dans les pages, on frissonne… en bref, la trouille vous menace. On connaissait l’épouvante, les thrillers anglo-saxons. Les stars en sont Stephen King, Danielle Steel. Cizia torture nos tabous et malmène nos palpitants, nous dévoilant une vraie parabole maline qui développe une drôle d’interrogation sur le genre humain. N’est-ce pas de la cruauté ? Qui de l’homme ou du cochon, ressemblerait le plus un porc immonde ?

JOUONS AU JEU DE LA VÉRITÉ…

Patrick Besset : Où se passe l’action ?
Cizia Zykë : Elle est située dans le sud de l’Europe. Je loue une propriété à Minorque qui se trouve à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, pas sur une plage… c’est une campagne très belle, très sèche, un désert de pierres. Les gens ont construit au cours des siècles beaucoup de murs avec ces pierres. C’est un décor très spécial ! Je l’exagère dans le roman… il y a longtemps, les gens ne devaient pas manger grand-chose… ce qui est marrant, par ailleurs, c’est que j’ai eu à deux reprises en une année l’occasion de vivre avec des cochons. Début 89, j’avais loué en Inde ; là-bas, les cochons ont remplacé les fosses septiques. Je les considérais déjà comme impurs, dès lors j’en ai été dégoûté. Manger un omnivore ?!? Je préfère le bovin… puis en Espagne, j’ai loué cette ferme de cent quarante hectares, à un de mes lecteurs espagnols, pour un prix dérisoire. Sans doute voulait-il me faire plaisir ! Il y avait des cochons horribles, sales, vilains… j’ai eu le temps de les observer ! L’idée m’est venue : « Tiens, je vais écrire quelque chose sur ces cochons ! ». Et comme je pense cinéma depuis pas mal de temps (j’ai envie de réaliser), il me fallait un huis clos car je n’ai pas tellement de fric… quelques personnages, des cochons.
P.B. : C’est marrant ! J’avais pour moi, imaginé plutôt une pièce de théâtre avec un bruit de fond pour suggérer la porcherie et un ou deux cochons errant sur la scène…
C.Z. : « Paranoïa » s’y prête plus… c’et un huis clos mais à Paris. Un jeune auteur est pris de paranoïa… c’est un sujet encore plus vaste !
P.B. : N’est-ce pas ce qui vous est arrivé ? Quand on regarde vos déboires avec Hachette et Gérard de Villiers dont les medias se sont fait l’écho ?
C.Z. : Je me suis seulement heurté à un monopole, à de dôle de gens… je ne comprends pas le monopole dans la création et je ne comprends pas des gens comme Gérard de Villiers qui empêche les gens d’écrire… Je me suis fâché avec le groupe, il y a quelques mois. Puis je suis passé chez Ramsay qui, eux, sont assez sympas. De vrais éditeurs, quoi ! Des types qui font leur boulot. Les grands groupes sont des vendeurs de savonnettes, ils n’ont pas de lecteurs. Les Presses de la cité m’avaient sollicité, je n’ai pas voulu passer d’un groupe à l’autre… ce n’était pas mon but. Je voulais avoir un contact humain, être lu. Dans les grands groupes, c’est avant tout la rencontre avec les auteurs, leurs témoignages qui m’ont écoeuré… ils envoyaient leur manuscrit et huit mois après, ils n’avaient toujours pas de réponse. En fait, je n’ai pas eu à souffrir de cela, moi-même, car j’ai eu un parcours éditorial très sympa mais j’ai été surtout choqué par le manque de respect vis-à-vis de ces auteurs. Le monopole est très nocif ! Quand j’étais gamin, je vivais en France… dans ce secteur du bouquin de gare, il y avait de bonnes choses. Maintenant, il y a de Villiers partout. Les auteurs n’ont plus le plaisir d’avoir leur nom sur la couverture, quatre personnes sur un bouquin… le bouquin ne peut être bon. Et de Villiers qui interdit l’identité. C’est négatif ! Tout cela pour des raisons purement commerciales. À partir de là, j’ai commencé à traiter de Villiers tel qu’il le mérite. Oh ! L’année dernière a été très sympathique ! (Sourires) Il y a de gros problèmes dans l’édition, je les ai sentis. J’avais même été jusqu’à envisager de laisser tomber l’édition française pour l’édition anglaise… j’ai vécu une aventure éditoriale dont je vais sortir bientôt avec un livre «, « Lettres d’Albanie » qui sera publié chez ramsay. Je m’aperçois maintenant que ce chemin d’écriture n’avait pas d’autre but que d’aider l’Albanie, ce pays que j’aime.
P.B. : Pour parler de ce nouveau roman, Cizia… comment vous est venu l’idée d’une telle intrigue ?
C.Z. : Je vais revenir à l’édition… au mois de juin 89, je suis encore fatigué, très fatigué, ils m’ont pris la tête… je me suis dit : « C’est fini ». Je venais de donner deux ans à l’écriture pour lutter contre ce monopole, car, seule l’écriture me permettait cette lutte. Cette lutte qui n’était pas pour créer un monopole Zykë… j’ai quarante ans et je ne possède rien. J’ai vécu à découvert toute ma vie, totalement désintéressé… je vis bien, c’est vrai mais le pognon, je ne le garde pas, je le fais transiter, voilà ! J’avais créé une collection qui portait mon nom…
P.B. : Cizia Zykë – Tuan Charlie ?
C.Z. : Oui ! C’était un volet pour ouvrir le terrain à d’autres auteurs qui auraient ainsi eu droit à leur identité, au fric. J’étais très sincère dans cette lutte… Deux ans d’efforts et ce la a merdé terriblement ! Ils m’ont asphyxié… tous mes livres vendus immédiatement, mas pas de retirages, pas de réassorts. Bref, au mois de juin, je suis très déçu… Je les envoie se faire foutre, tous, et je repars dans ma ferme. Mois de juillet. Il fait très chaud, ça va mal, je suis encore en colère, perdu dans la campagne. Au mois d’août, j’ai des gens chez moi dont le César du livre. Devant la règle de l’hospitalité, chez nous primordiale, impossible de renvoyer les importuns. Je me mets en retrait, dans un petit donjon de la ferme, pour ne pas voir ces gens. Le roman est un mélange de tout cela, voilà ! César est un personnage qui existe, Doña Mercedes aussi, les cochons sont là. Sinon, j’avais déjà goûté au thriller avec « Paranoïa », j’y avais pris plaisir. Et là, j’avais envie d’écrire un livre effrayant, un conte cruel du XXIème siècle avec certaines libertés.
P.B. : C’est gagné !
C.Z. : Il me fallait créer un malaise. Je n’étais pas préoccupé de contingences commerciales telle qu’une fin heureuse et puis 45°C en été…
P.B. : Une remarque, pourtant… le départ est hésitant. On pourrait y voir des facilités, des commodités, une grande crudité, une langue âpre puis le style évolue, peu à peu, vers plus de raffinement… dans la cruauté.
C.Z. : Mais César ests comme ça, presque ordurier ! Il me fallait un tel passage avant de rentrer dans l’action, dans le piège. Il fallait dégoûter le lecteur par cette lourdeur, avec l’odeur du thym, l’exagération de tout. J’en suis très content car j’ai réussi le challenge de provoquer le dégoût lors de la lecture.
P.B. : J’ai été épaté par le travail d’écriture, par le travail de laboratoire et effrayé, tout à la fois, par ce que je lisais. Si le livre devait donner naissance à un film, je n’irais pas le voir. Je n’ai pas envie de revivre ça…
C.Z. (Éclats de rire) : Je vais effectivement en faire un film… que je réalsierai moi-même, je jouerai le rôle d’Attila…
P.B. : La pâte est superbe, pas de gratuité avec un vocabulaire bien choisi, des dialogues bien sentis.
C.Z. : J’en suis content… c’est vrai… car c’est un sujet très lourd à porter. J’étais quand même satisfait d’en sortir…
P.B. : Une question abrupte… Avez-vous la totale paternité ? N’est-ce pas du rewriting ?
C.Z. : Non, non ! Je n’ai pas de prétention littéraire. Aucune, aucune, aucune ! Ce n’était qu’un challenge !

Le cheminement…

Cizia Zykë : Je suis passé à al fiction avec « fièvres » en 1987 alors que j’avais commencé avec des récits vécus. « Oro » ? Je ne devais pas l’écrire… je voulais juste me protéger du gouvernement costaricain qui était mon allié dans cette affaire, un mauvais associé… j’avais peur car je n’étais plus qu’un hors-la-loi. S’il y avait eu procès, j’aurais été le grand perdant… Et j’avais le désir de faire un cadeau financier à un membre de ma famille avec les droits. Voilà ! Pour le faire et parce que je n’avais pas parlé le français pendant deux ans, je contacte successivement trois journalistes… La dernière est une collaboratrice de Bouvard que j’amène à Saint-Domingue. Je lui loue un hôtel sur la plage car, pour moi, un auteur, un écrivain a besoin de tranquillité, d’atmosphères pour pouvoir travailler. En fait, je me suis rendu compte qu’elle n’était qu’une échotière. Les quinze premières pages de mon histoire qu’elle avait écrites étaient comiques. J’avais un secrétaire à l’époque… je lui ai dit : »Je ne peux plus faire marche arrière, je suis trop enfoncé dans cette historie. Nous allons l’écrire ! ». Je ne pouvais pas subir d’échec… je l’ai envoyé acheter du papier, un stylo, se renseigner à l’Alliance française, sur ce qu’il y avait à voir comme référence dans le genre « aventure ». Évidemment « Papillon » et Henri de Monfreid que j’avais lu quand j’étais gosse… un peu naïf en tant qu’aventurier et papillon, le personnage, un peu trop pute… trop commercial. J’ai voulu écrire « Oro » en masquant le Bien. Puis la vanité m’a conduit à écrire trois bouquins sur ma vie. Publier ses mémoires à trente-cinq ans ! Mémoires étranges, bizarres… une histoire d’Afrique comique et une histoire très dure… à Toronto, j’avais été patron de night-club à vingt et un ans. Ça devait s’arrêter là… puis une envie d’écrire une fiction que je concrétise avec « Chaos » qui n’est jamais publié… un scénario de vingt pages dont l’action se passe dans le Triangle d’Or… j’y ai beaucoup d’amis. Enfin, je rencontre Gérard de Villiers avec lequel j’entame cette lutte pour effriter son monopole. Il s’esquive… j’étais entré dans l’édition avec la foi, un grand respect après avoir bourlinguer, mené une vie très spéciale… je trouvais cela propre. Je me suis trouvé très con ! Je n’ai pas voulu croire pendant longtemps que c’étaient des requins…

Cinéma ?

P.B. : J’ai entendu dire que « Oro » allait être porté à l’écran…
C.Z. : C’est vrai… Yves Boisset a été retenu pour ses qualités d’homme d’action. C’est encore un pari… Je veux que le film se fasse avec un petit budget. Je ne voulais pas d’une grosse production… Dès 1985, Sarde voulait m’acheter les droits mais je voulais en écrire le scénario… c’est une partie de ma vie et je ne voulais pas qu’on le massacre. Quatre ans après, on se revoit et on tombe d’accord… Je me suis occupé du scénario et de certains décors. Sarde est un fonceur, il a des qualités certaines. J’ai vu deux des films de Boisset, il m’a donné l’impression d’être à la hauteur sur le terrain… On va le contacter, il est au Canada en ce moment. Les américains qui avaient fait M.a.s.h. voulaient adapter « Oro », j’ai refusé. Ils l’auraient détruit…
P.B. : Comment écrivez-vous ? Machine à écrire ou…
C.Z. : Non ! Je suis incapable de m’asseoir… je travaille depuis plus de deux ans avec la même méthode : je fais vraiment le vide pour l’écriture ! Je serais incapable d’écrire à Paris… il me faut des lieux. Je loue donc une ferme là-bas, où il n’y a personne ; les gens qui habitent autour de moi respectent totalement mon activité. Je vois très peu ma petite fille de trois ans, très peu ma compagne pendant le temps d’écriture. Je vais donc vivre avec mon livre pour vite en sortir et profiter enfin. Sinon, je me lève à 6h du matin, je bois deux, trois tasses de café – le thermos est déjà prêt – je fume deux, trois cigarettes de hashish, une certaine qualité qui est propice à la création…
P.B. : C’est un leurre !
C.Z. : Non, non… Non, non ! Parce que j’en suis intimement persuadé…parce que je le contrôle. Je ne fume que dans ces circonstances précises. Vers 7h30, mon secrétaire monte. De 7h30 à 10h30 ou 11h, je vais dicter vingt pages… Je travaille sur vingt pages à peu près. Vers 17h, il m’apporte ces vingt pages dactylographiées. De 17h à 19h, je vais travailler… savoir si j’ai fait long, remanier… les dialogues, couper un petit passage et rebelote, le lendemain matin. Et pendant le temps d’écriture, je ne fais que cela. Je ne suis libre pour personne, ni même un membre de ma famille… il n’y a rien d’autre que l’écriture. Aucune fatigue, ni physique ni cérébrale. Rien d’autre !
P.B. : On grossit, non ?
C.Z. : Oui ! Et on se détruit… j’en suis tombé malade au mois de décembre… c’est un challenge, cette manipulation du lecteur ! Avec une grande fierté lorsque je réalise avoir réussi, lorsque le lecteur me fait l’aveu d’avoir eu peur…



15 avril 2010, 19 h 56 min
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Box thailandaise
15 avril 2010, 19 h 53 min
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Asie
15 avril 2010, 19 h 49 min
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Interview 2001
15 avril 2010, 19 h 34 min
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Cizia Zyké : « Un aventurier est avant tout un rêveur, un utopique un peu allumé qui préfère s’identifier à Robin Hood qu’à un salopard.« 
Tout à tour contrebandier, trafiquant de fausses marques et de camions, ancien patron de boîte de nuit, chercheur d’or, ex-drogué, Cizia Zyké a été de toutes les expériences et de toutes les contrées. Né au Maroc en 1949, d’un père légionnaire albanais et d’une mère grecque, c’est en 1989 qu’il publie son premier livre Oro qui se vend à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Suivront une dizaine de romans, avec entre autres Sahara, Parodie, Paranoïa qui l’affirmeront comme l’un des meilleurs conteurs du baroud et de l’aventure vécue. Rencontre avec l’un des derniers aventuriers des temps modernes.

Jean-Louis Tallon – Avez-vous l’impression d’avoir pris plus de risques en écrivant les Aigles que dans tous vos précédents livres ?

Cizia Zyké Non, pas vraiment. Si j’ai pris des risques, ils sont mineurs.

JLT – Pourquoi êtes-vous passé à l’écriture ?

CZ Ca va vous paraître bizarre, parce que j’ai une image de gros macho. En fait, ça s’est fait par hasard, lors d’un repas familial qui se déroulait à Paris. Il y avait là un journaliste qui m’a dit que ce serait merveilleux si je publiais mes souvenirs. Je n’en avais aucune envie mais les propos du journaliste en question ont fait rêver ma petite maman à qui j’ai voulu faire plaisir. C’est comme ça qu’est né Oro. C’est un cadeau pour elle.

JLT – Quelle est la part de fiction et de réalité dans vos récits ?

CZ Les trois premiers sont rigoureusement authentiques. J’ai changé des noms, des dates, des lieux, j’ai omis certains épisodes mais je n’ai jamais exagéré.

JLT – Comment qualifieriez-vous vos récits ? Est-ce que ce sont des romans autobiographiques, des carnets de route ?..

CZ Ce ne sont pas des carnets. Je ne me suis jamais posé la question dans ce sens. Car je n’ai jamais eu d’optique éditoriale.

JLT – Vous n’avez jamais pensé à écrire ? Même dans votre enfance ?

CZ Jamais.

JLT – Même quand vous avez vécu vos aventures, vous ne vous êtes pas dit :  » Tiens, un jour peut-être que je raconterais tout ça…  »

CZ Jamais.

JLT – A mesure que vous publiiez, écrire n’a-t-il pas été pour vous un moyen de revivre vos aventures passées ? Ou est-ce que tout cela est simplement venu d’un engrenage de type éditorial ?

CZ Non. J’ai écrit mon deuxième libre, Sahara, avant que Oro ne soit publié. J’ai passé un contrat avec une maison d’éditions. Mais il me fallait attendre un an avant d’en publier un autre pour un certain nombre de raisons. De toute manière, je pensais déjà faire un carton avec Oro. Il m’a donc fallu meubler cette attente. Sahara étant déjà dans mes tiroirs, j’ai écrit Parodie. Voilà comment ça s’est passé. Mais comme j’avais goûté à l’écriture, j’ai voulu aborder ensuite d’autres thèmes : le huis clos parisien, l’aventure, la paranoïa, tous les cas de folie possibles. Je suis moi-même un peu allumé…

JLT – Vous considérez-vous comme un individualiste ?

CZ Absolument.

JLT – Avez-vous découvert des choses sur vous par le biais de l’écriture ?

CZ Non, pas sur moi. Mais en écrivant mes romans, j’ai connu de grands moments de création, d’extraordinaires moments de défonce, presque.

JLT – A ce propos, il est souvent question de marijuana ou d’opium dans vos récits. Ecrivez-vous sous l’influence de drogues ?

CZ Une totale influence.

JLT – Ecoutez-vous de la musique lorsque vous écrivez ?

CZ Non. Pas pendant l’écriture. C’est impossible.

JLT – Pour qui écrivez-vous ?

CZ Pour l’aventure éditoriale, d’abord. Et puis, je suis devenu papa. Il m’a donc fallu vivre une existence relativement tranquille où je pouvais continuer à lire, à voyager et à écrire, bien sûr.

JLT – Seriez-vous prêt à repartir pour vivre des aventures, disons  » musclées « , telles que vous les décrivez dans Oro ou Sahara ?

CZ Tout dépend si l’action demande ou non une intervention musclée. Mais sinon, il n’y a aucun problème.

JLT – Vous écrivez d’un trait ?

CZ – Oui. En fait, je suis avant tout un scénariste. J’attache beaucoup d’importance à ce que le scénario soit concis. Ensuite, il y a plusieurs relectures, tout un travail minutieux dans le découpage, dans l’enchaînement des épisodes, avant d’arriver au stade proprement dit de l’écriture.

JLT – En qui ou en quoi croyez-vous ?

CZ En moi. Et puis en certaines valeurs, certaines lois, certaines morales : l’amitié, la famille, le respect de la parole, de certaines règles de chevalerie…

JLT – Vous êtes un chevalier des temps modernes ?

CZ Non. Mais un aventurier est avant tout un rêveur, un utopique un peu allumé, qui préfère s’identifier à Robin Hood qu’à un salopard…

JLT – C’est lié à votre adolescence, cette façon de prolonger et d’inscrire le rêve dans la vie réelle, au travers de l’aventure ?

CZ Oh, mais c’est certain. Et puis on a une longue lignée de guerriers ou d’aventuriers dans la famille. Je suis le porteur de flambeau.

JLT – Adolescent, aviez-vous des modèles ?

CZ Sans doute. On en a toujours. Avec les lectures ou d’autres choses…

JLT – Avez-vous des influences littéraires ? Vous réclamez-vous d’un courant de pensée ou de forme d’écriture ?

CZ Non, aucun. Je ne lis plus depuis très longtemps de toute façon.

JLT – Vous considérez-vous comme un aventurier en tout ?

CZ Je me considère comme un marginal qui a ses propres lois et qui essaye de les tenir.

Propos recueillis par Jean-Louis Tallon
novembre 2001 à la Fnac Part-Dieu de Lyon